samedi 3 décembre 2011

Pétition des carriers de la forêt de Fontainebleau

Page d'histoire
En 1848, intervient un changement important dans la vie des carriers qui exploitent le grès en forêt de Fontainebleau : la ville de Paris décide de ne plus se fournir en grès à Fontainebleau, mais en Belgique. Les carriers décident d'écrire une pétition pour protester, ils prennent leur plus belle plume pour s'adresser à leurs hommes politiques de l'époque. Les Archives départementales ont toujours ce document qui est très intéressant et même assez émouvant, reflet d'un temps révolu.
Pétition des carriers
 J'ai transcris le texte de cette lettre manuscrite datée du 20 mars 1848 : 

Citoyens,
Les soussignés Délégués des ouvriers carriers
de la forêt de fontainebleau, vous prient d'accorder
votre sollicitude à l'exposé suivant.
Depuis plus de deux cent ans, la seule
industrie des ouvriers de la ville de fontainebleau et
des communes attenantes à la forêt, consiste dans
 l'extraction des pavés, pour les travaux de la route et
principalement dans la ville de Paris.
     Depuis plusieurs années MMr les ingénieurs
de la ville de Paris, ont cherché sous divers prétextes,
à restreindre les approvisionnements que la ville avait
l'habitude de faire dans nos localités, au profit de
nouvelles carrières, appartenant à des particuliers
aux environs de Paris.
       Cependant les travaux publics, des routes, des
communes des compagnies et des particuliers, ayant pris
en même temps un plus grand développement, notre industrie
n'avait pas encore beaucoup souffert de la restriction
faite par MMr les ingénieurs, de l'emploi des pavés
de Fontainebleau dans la ville de Paris. Mais Messieurs
les ingénieurs ont aggravé notre position, en supprimant
presqu'entièrement les provenances de nos localités, au profit
de pavés tirés de la Belgique.
    Depuis nous avons appris que dans le projet du
nouveau bail, Messieurs les ingénieurs avaient exclus
définitivement tous les pavés de fontainebleau.
Nous ne pouvons nous expliquer dans quel but
et comment après tant d'années , où il a été reconnu par
expérience qu'il existait dans la forêt de fontainebleau
une quantité innombrable de rochers dont la production
était d'une excellente qualités.
     Messieurs les ingénieurs ont résolu d'anéantir
presqu'en partie, l'industrie qui fait vivre plus de deux
mille familles de français au profit d'ouvriers étrangers.
      En ce moment surtout les marchands de pavés
de fontainebleau étant encombrés de pavés fabriqués cet hiver
qu'ils ne trouvent pas à livrer au commerce par suite de la
suspension des affaires particulières refusent de nous occuper
ou d'acheter les pavés que nous avons obtenu de fabriquer
 pour notre compte , dans les diverses localités de la forêt.
          Dans cette circonstance, nous venons, Citoyens
Gouverneurs au nom de tous les ouvriers carriers de la forêt
de fontainebleau nous prier d'accorder votre protection
à notre malheureuse industrie qui dans les temps prospères
suffit à peine à nourir nos familles, malgré les plus
pénibles et les plus rudes fatigues.
           Nous vous prions d'imposer à Messieurs
les ingénieurs l'obligation :
                       1° De supprimer entièrement les pavés provenant
de la Belgique au détriment de notre sol, dont la qualité
est au moins égale , et le prix infiniment inférieur.
                       2° L'emploi de nos pavés pour les travaux du
gouvernement en concurrence de ceux provenant des carrières
des environs de Paris.
                        3° L'approvisionnement de la moitié des dépôts
de pavés de la ville de Paris pour les travaux d'entretien.
                Nous pensons Citoyens Membres du Gouvernement
que votre sollicitude pour tous les citoyens français nous
fera accueillir favorablement notre juste réclamation et que
vous ne voudriez pas que deux mille familles qui ne demandent
que de l'ordre et du travail puissent périr de misère par
l'influence de Messieurs les ingénieurs et par les rigueurs
qu'ils exercent sur les fournisseurs de nos produits par
suite de de prévention injuste.
             
                               Veuillez Cytoyens Gouvernants agréer
                               l'assurance de notre profond respect...
       fontainebleau ce vingt mars mil huit cent quarante huit
                                    suivent les signatures
Joseph Charmeux à avon
Gabin à Bourron
Paillard à Achères
Poincaré à Bourron
florand bourron
Pierre victor hutte
à Recloses
Durand à fontainebleau
Benjamin maréchal à fontainebleau
pauly carrie à fontainebleau
Leleau carrie à fontainebleau
Cousin
BF
Badlet carrier à fontainebleau              
GB
jules Cottey
(...........)
Tissier Louis
Prudhomme
Legrand
navarre
vincent                                                            
                                                               Versé en mairie pour la législation (?)  (....)
 Cette pétition est le chant du cygne des carrières dans la forêt de Fontainebleau, coïncidant avec le début du tourisme dans la forêt (construction de la gare de Fontainebleau-Avon, succès du balisage de Claude-François Denecourt.). Cette pétition signe la fin d'une ère pour la forêt.
 Voici comment un témoin contemporain de l'époque, Paul Domet, relate cette fin des carriers:

Quoique le chiffre  des pavés livrés aux services publics
atteignit encore  deux millions cinq cent  quarante mille,
en 1847, le mois de février de l'année suivante  trouva
cette industrie  dans un grand marasme.  Nos  produits
venaient d'être  mis à l'index  par les cahiers des charges
de la ville de Paris. Ce fut un bienfait  pour la forêt qui,
faute de commandes ne fut pas envahie avec autant
d'acharnement qu'aux Révolutions précédentes. Cette
défaveur était le résultat  d'une manœuvre des principaux
entrepreneurs qui, propriétaires de carrières de grès
dans d'autres pays, s'étaient entendus pour faire adopter
ces dernières, à la place de celles de Fontainebleau qu'ils
avaient discréditées en livrant, systématiquement, de
mauvaises marchandises. Les ouvriers voulurent réagir
contre cette dépréciation et s'affranchir de l'entremise
des entrepreneurs; ils se constituèrent  en une Société,
sons la raison Jean Bonnion et compagnie (avril 1849).
Mais  Ia plupart des carriers, trouvant plus  facile l'exploi-
tation des pierres tendres, continuèrent  à fournir des
produits d'une qualité inférieure; la société ne vécut pas
longtemps, et l'industrie du grès n'a jamais, depuis, re-
pris sa prospérité ancienne. p.222
Histoire de la forêt de Fontainebleau




dimanche 27 novembre 2011

Couleurs d’automne sur la Malmontagne et le Long Rocher

Randonnée du 5 novembre 2011.
La dernière fois que les randonneurs sont venus dans ce secteur, c’était le 9 juin 2010: Parfum d’été sur la Malmontagne, comme ça passe vite. C'est intéressant de comparer les deux billets.
 Evidemment les couleurs de la forêt ne sont pas les mêmes, les fougères sont passées d’un vert chlorophyllien à une teinte auburn, un roux tirant sur le brun, tandis que les feuillus se parent des derniers jaunes de l’automne avant de joncher le sable et de se froisser sous les pas des marcheurs. Et les Amanite-tue-mouche sont sortis de terre.  Nous voyons sur les images qu’il ne fait pas froid, les manches courtes sont acceptées, mais qu’au contraire de juin 2010, pas besoin de chapeau ou casquette pour se protéger du soleil. Après tout, ce genre de notation vestimentaire peut avoir son importance pour comparer d’une année sur l’autre les progrès (ou son absence) du réchauffement climatique. Photos (très redimensionnées) de Patrick Bouvier, comme l’an dernier.
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Que dire de plus sur la Malmontagne  par-rapport au billet précédent ? On peut dire que ce secteur fut l’une des première victime de la démocratisation de l’accès à la forêt  : le 15 juin 1850, dit la chronique, 25 hectares de forêt brûlent , à cause d’une négligence de fumeur. L’incendie est éteint par le régiment du 8è hussard secondé par des villageois. Ce jour-là, 1000 parisiens étaient descendus du premier “train de plaisir” en gare de Fontainebleau (toute neuve) qu’avait mise en place la compagnie du PLM. Et le tabac est considéré à l’époque comme une marque de bon goût…
Les sables brûlants  de la Malmontagne, par leur degré de pureté, ont aussi été extrait pour fabriquer du verre de première qualité: en mars  1640,  Antoine Cléricy, séduit par I'abondance  et la qualité  de cette matière première,  obtint du roi des lettres patentes qui I'autorisaient à établir  une verrerie au Montceau; cette manufacture, créée dès I'année suivante,  fonctionna  assez  longtemps, et était renommée  par Ia finesse de son cristal. Voilà, vous savez pourquoi ce monsieur possède une rue à son nom dans Avon. Ce fameux sable de Fontainebleau fut très recherché et exporté  jusqu'en  Italie, en Belgique et en Angleterre.
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mardi 22 novembre 2011

Photos: autour de Longueville et rotonde ferroviaire

Randonnée nord Seine-et-Marne. Autour de Longueville, le samedi 12 novembre.
Église Saint-Edmé de Soisy Bouy




 Étonnantes toiles d'araignée au-milieu des champs qui barrent la route aux randonneurs.La photo a malheureusement du mal à rendre ce phénomène...

toiles d'araignée

A la fin de la randonnée, visite de la rotonde ferroviaire de Longueville qui abrite maintenant un musée ferroviaire où l'association AJECTA restaure d'anciens wagons.
Centenaire de la rotonde de Longueville sur Youtube.
Le salut des randonneuses/eur.

Patrimoine de la SNCF

Musée du chemin de fer